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La crise de la Pandemie à Corona Virus, une opportunité d'innover dans la gouvernance des affaires de l'Etat.


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Activité RFDP

La maladie de corona virus qui secoue le monde entier depuis plus de trois mois suscite autant d’inquiétudes que des réflexions et questionnements. Commencé en Chine, la maladie s’internationalise, mieux se mondialise. Chaque pays qui n’est pas encore affecté, s’apprête à l’être et à l’intérieur d’un pays, le coin non encore infecté attend avec fébrilité et grande peur son tour. C’est à croire qu’aucun pays et aucun coin d’un pays ne doit y échapper. Les mobilisations se manifestent de partout, chaque pays énonce des mesures de riposte pour se protéger contre et limiter la propagation de cette maladie. Les mesures d’hygiène sont prises, celles relevant de la modification des comportements individuels et sociaux également. Les initiatives des recherches se développent dans plusieurs coins du monde pour découvrir des vaccins et médicaments en vue d’éradiquer ce virus. Certaines initiatives semblent cependant bénéficiées de plus de préséance sur d’autres. En RDC, à deux reprises le chef de l’Etat s’est adressé à la population pour lui exprimer sa compassion mais surtout pour édicter des mesures de prévention et protection des populations sur toute l’étendue du territoire national. Les mesures édictées par le Président de la République ont trait aux restrictions sanitaires, aux gestes barrières à observer par l’ensemble de la population et qui sont à faire respecter par les services étatiques et d’autres acteurs intéressés. Ces différents acteurs n’ont pas hésité à les vulgariser et d’autres à les mettre en application, chacun dans son sphère. Riposte ponctuelle ou instauration d’une gouvernance rigoureuse et maitrisée ? La riposte à cette pandémie appelle des actions d’urgence humanitaire, pour apporter des réponses immédiates aux personnes suspectes, celles infectées et celles exposées à la contamination. Notons que la pandémie est d’autant plus dangereuse qu’elle vient se trouver sur un terrain propice pour sa propagation, du fait de plusieurs déficits de gouvernance. La riposte au coronavirus doit donc être une opportunité d’innover la gouvernance dans tous les secteurs de la vie nationale. La toile de fonds de cette nouvelle gouvernance étant de transformer les relations sociales : les relations hommefemme ; les relations entre les jeunes et les ainés, les relations entre les citadins et les ruraux, entre les riches et les pauvres, entre la RDC et les autres pays. Le fondement de cette nouvelle gouvernance devant désormais reposer sur l’observation des faits humains, sociaux, naturels,…bref sur la recherche scientifique. La riposte doit être une opportunité de revoir notre manière de répondre à tous nos besoins humains et sociétaux. Qu’il s’agisse des besoins de production, de reproduction et celles de vivre ensemble ou de cohésion nationale. L’opportunité d’innover l’organisation de la production agricole pour notre alimentation, innover l’organisation de notre prise en charge sanitaire, innover notre aménagement du territoire, innover notre système éducatif, innover dans nos relations internationales,… La résilience de la RDC et du Congolais à tout choc va dépendre aussi de cette capacité d’innover en ce moment contre le coronavirus dans une perspective durable. Devant continuer à vivre pendant la riposte, en confinement ou pas, il est attendu des acteurs de l’imagination pour assurer la prise en charge des besoins des citoyens, sur toute l’étendue du territoire et dans tous les secteurs de la vie. Les mesures souffrent ce jour suite surtout à la faible résilience de nos communautés. Ces dernières dépendent des pays voisins pour leur alimentation, leur approvisionnement en articles pour le commerce, pour les soins de santé, pour l’instruction de qualité,…. Les mesures souffrent également suite à la forte centralisation de la gestion des affaires publiques. Les décisions sur la vie, la survie des citoyens se prennent à des milliers de Km. Innovons maintenant : Dans le domaine éducatif La faible instruction de la majorité des Congolais rend la communication sur la riposte difficile. La sensibilisation sur Corona peut être une occasion d’alphabétiser les jeunes et les ainés et réduire ainsi le taux d’analphabétisme dans nos agglomérations urbaines et dans les milieux ruraux. Les pédagogues de tous niveaux peuvent trouver les meilleures méthodes pour alphabétiser jeunes et vieux, hommes et femmes, tout en éduquant sur les moyens de prévention et de protection contre la pandémie. Bien que faisant agir la solidarité nationale, l’Etat pourra soutenir une telle initiative d’alphabétisation commando de toute sa population, à la manière de Fidel Castro au Cuba. La communication sur corona virus, comme pour beaucoup de projets communautaires souffrent du déficit communicationnel. La langue utilisée laisse des biais du langage et ne peut de ce fait attendre les objectifs souhaités. Il y a opportunité de revenir à l’utilisation des langues nationales partagées sur l’étendue du territoire, qui sont le lingala, le kiswahili, le tshiluba et le kikongo. Une occasion trouvée de bien vulgariser ces quatre langues nationales. La formation passe également par les mécanismes traditionnels de transmission des connaissances locales. Les griots des villages trouvent encore l’occasion et la matière pour instruire sur les mesures de riposte contre corona virus et tous les hauts faits que la RDC réalise et/ou aura réalisé dans cette lutte. C’est l’occasion pour les chefs coutumiers et les autres notables des milieux ruraux de rentrer vivre avec leurs sujets pour les soutenir, trouver ensemble des mécanismes locaux et adaptés de prévention et pour développer la résilience à ce choc de coronavirus et à d’autres qui pourront subvenir à l’avenir. Tout en respectant les mesures sanitaires, un griot peut instruire et amuser à la fois le petit public de 20 personnes chaque fois et rendre ainsi le confinement moins stressant et moins traumatisant. L’engagement et l’imagination des musiciens congolais de renom national, provincial et local est également attendu. Des thématiques instructives dans la formation du citoyen utile, patriotique et intègre que la RDC est appelée à recréer pour sa survie comme Nation doivent être encouragés en même temps qu’ils sensibilisent sur Coronavirus. La muse d’inspiration s’invite bien pendant le calme de confinement pour inspirer des compositions musicales. Passons désormais des thèmes sur l’amour sexuel à l’amour patriotique. L’innovation passe par la rééducation de l’Homme. Recréer un Homme nouveau, pendant et à l’issue de la riposte de coronavirus. L’école n’est pas l’unique agent de socialisation. Remettons d’autres en surface, réinventons de nouveaux ou ressuscitons des anciens cadres, jugés encore utiles. La formation de ce citoyen à l’avenir doit intégrer le contexte géostratégique de la RDC. Un citoyen d’un pays avec neuf frontières, au centre de l’Afrique, possédant des potentialités naturelles, humaines et culturelles qu’il doit connaitre et transformer en richesses pour les générations d’aujourd’hui et de demain. Une instruction qui donne des connaissances sur la manière de répondre aux besoins physiologiques, psychologiques et moral, intellectuels et spirituels. Une éducation qui transmet sur le concret, sur l’amélioration du vécu et qui projette sur l’avenir. Une telle éducation appelle l’utilisation des langues nationales, privilégiant ainsi le fonds sur la forme et éviter la confusion actuelle qui apparait entre la maitrise des connaissances et celle de la langue française, langue d’enseignement en RDC. Quelqu’un a parlé d’un système éducatif de la RDC qui s’est jusque-là, attelé à former des perroquets et non des techniciens et créateurs Dans le secteur de la production agricole et de l’alimentation L’alimentation des Congolais doit devenir la préoccupation des dirigeants pendant et après la riposte contre le coronavirus. Ce que mange la population a un impact direct et à long terme sur sa santé et sur la qualité de la main d’œuvre nationale pour garantir le développement de la RDC. Aussi, qui se nourrit bien dépense moins pour les soins de santé. Le gouvernement doit se montrer ouvert aux idées innovantes pour organiser dans un bref délai la production agricole, en privilégiant les spéculations de courte durée en vue de nourrir les congolais, pendant le confinement (dont on ne connait pas la durée), pour le reste de l’année et les années à venir. Car la production, déjà insuffisante des familles et celles de grands planteurs se trouvent perturbée suite à la crise de coronavirus. C’est le moment pour l’Etat d’appliquer la loi sur les terres thésaurisées pendant de longues années, par les grands propriétaires terriens. Les affecter momentanément à des agriculteurs volontaristes, ceux professionnels et ceux à professionnaliser. La garantie de la pérennisation de la production et le souci de la cohérence avec une politique foncière qui est encore en discussion, dicte que l’on ne néglige pas les petits producteurs et productrices. Ces petits producteurs, les plus nombreux, parmi lesquelles les femmes, avec un minimum d’encadrement peuvent fournir leurs milieux respectifs et environnants en produits bio, conseillers dans la riposte pour augmenter l’immunité. C’est le moment donc de revitaliser et revaloriser les services de l’agriculture provinciale mais surtout les agronomes et moniteurs agricoles des territoires et des villages. Les recycler rapidement et les déployer sur le terrain pour encadrer la production agricole et animale. En plus de memento de l’agronome, les manuels d’éducation civique décrivant un type de citoyen, capable de se prendre en charge et de servir sa communauté locale et nationale devrait être élaborés dans nos langues nationales et distribués aux moniteurs (mise à contribution de tous les enseignants de l’école primaire et secondaire et des jeunes en chômage). Ces derniers pris en charge par le gouvernement provincial et national vont agir dans nos villages sous la mobilisation des chefs des villages. Le contenu d’un tel manuel donne une information multisectorielle pour former un citoyen, une citoyenne utile, patriote et intègre. Utile car il veut apprendre et utiliser sa force et les connaissances acquises pour vivre ; patriote car il sert son pays dans toutes les circonstances, intègre car il respecte le bien commun et la parole donnée. Le confinement en plein air Quoi de plus intéressant que d’organiser le confinement dans de nombreux espaces aérés des milieux ruraux. Ces concessions à vocation agricole, aujourd’hui non ou peu emblavées peuvent servir pour abriter des ménages sortis des quartiers urbains saturés ou inappropriés pour les constructions. Il y a possibilité ici de les loger par ménage en leur laissant un lopin de terre cultivable. Les familles ainsi confinées dans des abris provisoires et qui bénéficient de l’encadrement des moniteurs agricoles et agronomes se trouvent à l’abri de la contamination tout en pourvoyant aux besoins d’alimentation de leur progéniture. Toutes les autres informations utiles pour la prévention et la protection contre le virus et autres calamités leur parviendront sans peine. Dans le secteur de l’aménagement et de l’administration du territoire Le fait de concentrer tous les services publics dans une commune, anciennement ville coloniale rend le confinement de la Gombe difficilement réalisable. Dans les villes congolaises, la configuration demeure celle de la ville blanche, habitée aujourd’hui par les congolais nantis et les quartiers indigènes, habités ce jour par « les populations ». Les villages eux sont laissés aux moins compétitifs, aux vulnérables et aux laissés pour compte. Corona ne sera pas vaincu pour longtemps si nous maintenons une telle configuration. Il risquera de resurgir autrement. Le partage des ressources naturelles et autres du pays doit respecter la forme pyramidale, plus d’investissements là où ces ressources sont produites et non le contraire. La forte concentration des populations dans de rares agglomérations urbaines existantes en RDC rend difficile ce jour la lutte contre le corona virus, notamment le confinement. Si nous ne considérons que le sud Kivu, plus d’un million et demi d’habitants sur une superficie d’environ 64.000 km2 avec une seule ville depuis plus de 60 ans, la seule ville de Bukavu. Car les trois nouvelles villes (Baraka, Kamituga, Uvira, Shabunda) l’ont été décrétées sans présenter les caractéristiques voulues pour parler d’une agglomération urbaine. Le développement de la RDC passera aussi par sa forte urbanisation. L’effectivité d’un aménagement de territoire responsable et à vision de développement maitrisé, de villages, des secteurs et chefferies, des provinces et du pays, traine à venir. La recherche scientifique Posons-nous des questions (n’importe lesquelles) et recherchons des réponses. Et l’enseignement, à tous les niveaux, doit viser à développer des curiosités et à les nourrir par la recherche. Autrement, nos problèmes existentiels et autres seront toujours étudiés par d’autres qui vont continuer à nous proposer si pas imposer « des solutions ». La lutte contre le corona impose à la RDC de mobiliser les universités et les centres de recherche pour étudier les différentes manifestations de cette maladie et des divers faits induits. Le Ministère de l’éducation et de la recherche scientifique doit faire attention à toute la recherche, celle académique et celle non académique et cela dans tous les domaines de la vie. Faisons vivre nos Universités pour qu’elles nous fassent revivre.
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Réseaux des femmes pour les droits et la Paix, ONG de droit Congolais créé le 04 Novembre 1999 par 17 femmes militant pour la promotion des droits de la femme
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